Le secret le mieux gardé d’Apple, comme on le désigne si souvent, est sans doutes WebObjects. Ce serveur d’applications web racheté en même temps que la société NeXT par Apple ne semble jamais avoir connu la renommé qu’il méritait. Depuis plus de 10 ans, WebObjects aurait pu profiter d’une avance technologique consédirable sur ses concurrents (qui sont arrivés plus tard sur le marché). Mais voilà, les voies du seigneur étant impénétrables, nul ne sait pourquoi Apple n’a pas profité de cette avance pour lui donner la position de leader qu’il mériterait aujourd’hui.
Certes, depuis l’iPod, l’utilisateur (le “end-user”) semble être la cible privilégiée de Steve Job, et d’Apple, confirmant ainsi la marque le marché grand public. La présence d’Apple sur le secteur de l’entreprise se résumait à Mac OS X Serveur… et WebObjects, ce qui en faisait un produit à part dans le catalogue logiciel.
À part, mais bel et bien pourvu des atours qui ont faits la réputation de la pomme. WebObjects est un outil novateur, original, à la fois simple et puissant, bref, il ne déteint pas dans le paysage.
Les années passent, et les évolutions du pionnier du web se succèdent, sans jamais bousculer le marché, et laissant place à la concurrence (WebSphere, WebLogic, JBoss, Tomcat…).
Puis, récemment, Apple décide d’abandonner les outils de développement pour se consacrer au “coeur” du produit, le serveur d’application en lui-même. Cette décision, curieusement bien accueillie par la communauté de développeurs, implique que les outils jusqu’alors maintenus par Apple devront être créés par la communauté OpenSource. Apple transforme donc une suite complète de développement web, dont les outils graphiques constituaient l’un des principaux interêts, en un produit purement “serveur” dont le salut dépend de la communauté. C’est un peu comme iLife ou iWork sans les thèmes livrés par défaut.
Car je reste persuadé que ce qui a attiré les gens vers cette plateforme, ce sont les outils graphiques associés pour la conception des bases de données et la conception des pages web; avec quelle facilité on construisait une application liée à une base de données, en quelques clics.
Apple a toujours livré des solutions autonomes, prêtes à l’emploi, indépendantes. C’est ce qui fait aujourd’hui de WebObjects un produit à part, dépendant du bon vouloir des utilisateurs pour fournir des outils. On connait la qualité des logiciels pour MacOS X, les outils de développement pour WebObjects sont maintenant vieillissants, et je me faisait une joie d’accueillir une version 6 de WebObjects, avec de nouveaux outils graphiques, basés sur WebKit par exemple.
Il va donc faloir se contenter de Eclipse et WOLips car objectivement, il faut bien admettre que XCode est un environnement médiocre pour le développement d’applications WebObjects : les outils de design de base de données sont buggés, et l’édition de code Java sous Eclipse s’avère nettement plus commode.
Il faudra donc en passer par là pour continuer à travailler avec WebObjects, ou bien se tourner vers des alternatives peut être plus prometteuses comme Ruby on Rails, d’ailleurs livré en standard dans la prochaine évolution de Mac OS X (Leopard).
Il reste encore une chance de voir un jour WebObjects ressuciter de ses cendres et devenir le meilleurs serveur d’applications web opensource, et rivaliser à nouveau avec les leader du domaine, mais ceci ne dépend plus de Apple, à moins que le vent tourne…