Archives : 'Humeurs'

La VOD en échec ?

Dimanche, octobre 1st, 2006

MegaphoneCet article trouvé sur AgoraVox, site de publication d’articles communautaire, expose certains éléments supposés étayer les doutes émits dans le titre de l’article “VOD en France : on demande à voir !”.

L’auteur se base sur le fait que “peu” de français sondés connaissent la signification de “VOD”, et nous rapporte que selon les sondés, il y a un manque d’information sur les offres, les catalogues, les prix… Et, constatation consternante, seulement un foyer sur cinq connectés aux haut débit a déjà fait usage de la VOD.

Revenons sur le “peu” de français. L’auteur nous informe que seulement 18% de l’échantillon sondé connait le sens des initiales “VOD”… Et là je me dis : soit l’échantillon est représentatif de la population française, dans ce cas, si quasiment un francais sur cinq connait le sens du mot, c’est énorme, soit l’échantillon se résume à un micro-trottoir de 10 minutes, dans ce cas il ne signifie rien et ne devrait même pas être cité en omettant la méthode de sondage.

Le reste de l’article ne fait que citer les nombreux services de VOD disponibles (et semble d’ailleurs aller à contre-courant de l’idée de base de l’article), des statistiques plus ou moins significatives sur l’état du catalogue (Comment ? seulement 10% de l’offre sont des films sortis après 2004 ???).

A la lecture de l’article, je me dis que finalement, pour moi qui n’ai jamais utilisé la VOD (je suis pourtant abonné à Free), le fait que 1 foyer sur 5 connectés au haut débit s’y intéresse est plutôt un bon score, mais je ne suis pas un expert…

Finalement, quand on n’a pas plus à dire que çà, on peut s’abstenir le temps d’étoffer un peu le contenu d’un article qui aurait pu être intéressant.

[MàJ : Cette page sur portage-emploi présente des statistiques plus cohérentes]

DRM, Répression et hypocrisie

Lundi, juin 12th, 2006

Protection des contenusEn france, on aime bien râler, je ne vous apprend rien : touchez quoi que ce soit à la législation, aux habitudes, aux “acquis sociaux”, vous vous retrouvez avec une manif’ sur les bras.
En france, comme partout ailleurs, on a un gros problème avec le piratage logiciel en général, et plus particulièrement le piratage de musique.
On se retrouve face à une situation qui est relativement simple à la base : Une majorité des français (des jeunes ?) ont accès à Internet haut-débit, une majorité des français (des jeunes ?) écoutent de la musique, et bien sûr, une majorité des français (des jeunes ?) ne veut pas dépenser d’argent.

Que se passe t’il donc ? Jean-Michel achète un CD (oui, il a un nom composé et habite Neuilly, l’argent n’est donc pas un facteur dissuasif), il le met dans a chaine Hi-Fi, dans son ordinateur, dans son balladeur MP3, bref, en fait un usage tout a fait régulier et se comporte en bon citoyen.

Allons faire un tour du côté de chez Kevin. Kevin a 16 ans et vit chez son papa et sa maman, il dispose, lui aussi d’un accès internet haut-débit. Kevin souhaite se procurer le dernier album de Lorie. Instinctivement, il n’ira pas au Virgin le plus proche ou chez son disquaire préféré : Il n’a pas de disquaire, et le Virgin le plus proche est à 50 kilomètres (de toutes façons, Aziz lui a volé son scooter, mais ceci est une autre histoire). Il ira plutôt sur un des nombreux sites de téléchargement de musiques gratuits et illégaux (c’est le site qui est illégal, pas les chansons de Lorie…), et en quelques minutes ou quelques heures, il pourra, comme Jean-Michel, écouter son artiste préféré sur son baladeur MP3 ou sur sa chaine Hi-Fi.

L’un aura dépensé 20€ pour sa musique, l’autre sera juste resté chez lui avachi devant sa PlayStation, fabriquée par l’entreprise qui produit aussi l’album en cours de téléchargement sur son PC, quelle ironie…

Ce comportement, loin d’être marginal, a tendance à se généraliser sans pouvoir trouver de solution : la répression ne semble pas être envisageable, il parait que télécharger gratuitement de la musique ne fait pas de mal à l’industrie du disque, et que ce pauvre Kevin ne se rend pas compte de ce qu’il fait.

Concrètement, j’admet que le téléchargement illégal de musique n’a pas l’impact que les majors essayent de nous faire croire, je suis persuadé que bon nombre de téléchargements illégaux ne consistent pas de manque à gagner, dans la mesure où les contrevenants n’auraient pas acheté l’album en question. A l’extrême, certains se permettent même de minimiser les effets du piratage et d’y voir un moyen de diffusion culturel bénéfique pour notre société.

Je crois que tout est histoire de respect et de civisme. User de moyens détournés pour se procurer gratuitement une chose pour laquelle on devrait payer est qualifié de vol, c’est aussi simple que cela. Le vol est puni par la loi, mais on ne dispose pas aujourd’hui des outils nécessaire à son application.

Interdire les logiciels de téléchargement reconnus pour servir majoritairement à voler des oeuvres protégées est sans doutes excessif. Certains s’enflamment à la moindre suggestion d’une surveillance du trafic par les fournisseurs d’accès internet, sous prétexte d’atteinte aux libertés individuelles… je peux comprendre cela, mais avouez que l’excuse est plutôt commode pour s’affranchir de tout contrôle sur l’utilisation illicite de son accès internet.

Est-ce une raison suffisante pour abandonner le concept de protection des contenus ? On le sait tous, le fait de protéger les CD ou les fichiers achetés légalement auprès de boutique en ligne n’atteindra jamais le but ultime de contrôler totalement et indéfiniment l’utilisation du contenu distribué, mais on ne peut pas en vouloir aux fournisseurs de ces contenus de vouloir protéger leur propriété, c’est une démarche commerciale parfaitement cohérente. J’admet qu’il y ai des réticences à se fier à l’honnêteté du consommateur moyen quand il s’agit de son argent.

Je parle bien sûr du fond du problème, pas des applications concrètes qui, c’est vrai, sont souvent pénalisantes pour l’utilisateur qui devra s’assurer de la compatibilité du service d’achat en ligne avec son lecteur, ce qui est un grand pas en arrière par rapport à la situation précédent ou il suffisait de mettre son CD dans un lecteur banal pour écouter sa musique.

Il est grand temps que les gens prennent leurs responsabilités et assument leurs actes, celui qui télécharge de la musique illégalement mérite d’être puni par la loi, et doit être conscient des risques encourus. Sans une forme de contrôle sur l’utilisation d’internet, la loi ne pourra pas être applicable. Il est aussi temps de mettre en oeuvre des outils ouverts et accessibles permettant à quiconque de protéger efficacement du contenu sans pénaliser l’utilisateur.

Supériorité des lecteurs de presse payante

Vendredi, décembre 2nd, 2005

20 minutesSi ce blog devient un jour célèbre, il faudra que je remercie l’auteur de ce billet, que je ne lirai peut être jamais en entier, mais qui m’a rappelé qu’il existe toute sorte de gens, y compris cette catégorie de personne qui se sait supérieure aux autres, et qui n’hésite pas à le (dé)montrer.

A la lecture de ce billet, j’ai appris que les lecteurs matinaux de quotidiens gratuits (20 minutes, Métro…) constituent une masse méprisable de personnes, incapables de toute sorte de jugement personnel, de discernement, et tout juste bons à avaler ce qu’on leur raconte dans les magazines et en faire la propagande à la machine à café ; le tout narré par un être de toute évidence supérieur, exposant son opinion comme une vérité, d’une manière qui ne laisse pas de place au débat ou à la contestation.

J’ai souhaité réagir car je considère cette attitude inquiétante dans la mesure ou un des effets est de banaliser l’intolérance, la fermeture d’esprit, et la contestation par principe de tout ce qui n’est pas “moi” ou que je n’ai pas choisi. Un rôle parfaitement tenu par Desproges en son temps ou d’autres humoristes comme Bedos ou Dupontel… La finesse en moins, la critique gratuite en plus, ce qui selon moi, en retire toute justification ou intérêt.

Il est toujours plus facile de contester que de se remettre en question. C’est aussi un peu la logique du verre a moitié vide ou à moitié plein : Plutôt que de s’interroger de manière positive sur le succès de ces quotidiens gratuits, l’auteur de ce billet préfère imaginer une caricature taillée à la hache, grossièrement basée sur ce que l’auteur voit de pire en ses congénères. On est tellement biens dans cette bulle qui fait de nous un être différent, au dessus de la médiocrité populaire, répandant notre jugement à des gens qui pour la plupart ne prendront pas la peine d’y réfléchir, et se contenteront de sourire à lecture des grossièretés faciles et injustifiées.

En ce qui me concerne, je me serai peut être demandé ce qu’auraient fait ces gens s’il n’avait pas ce journal entre les mains : Certains seraient peut être restés les mains vide, à attendre que le temps passe, d’autres liraient peut être un roman, ou un magazine. Ces gens ont peut être cédé à la facilité, celle de se saisir au passage de quelques pages qui agrémenteront les quelques minutes de transports, sans avoir à transporter un livre et se concentrer sur un roman. Certains se diront peut être qu’à la lecture des nouvelles, ils auront peut être un point de vue différent de la rédaction de France 2 ou TF1. D’autres se disent que avant, l’actualité ne les intéressait pas, c’est toujours mieux que rien. Ou encore ceux, plus méthodiques, qui retiendront les sujets et se feront leur revue de presse en arrivant au bureau.

Bref, tout ceci pour dire que rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, que le bénéfice du doute est un grand pas vers la tolérance, et qu’on est toujours le con d’un autre :-)

P.S. Tout ceci n’engage que moi, bien évidemment, __est__ sujet à contestation !