Cuisine et Logiciel Libre
Dimanche, juin 11th, 2006
Extrait d’une interview de Richard Stallman, porte drapeau du mouvement pour l’éradication de toute forme de technologie propriétaire :
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Pour finir, je veux dire que les quatre libertés du Logiciel Libre se rencontrent également dans les recettes de cuisines. Ceux ou celles qui ne connaissent pas l’informatique mais savent cuisiner reconnaîtront ces quatre libertés dans cette activité. Dans l’utilisation des recettes, on peut changer les ingrédients, faire et donner des copies aux amis, c’est normal. Tout comme cuisiner la recette librement aussi. Comme il est normal d’écrire sa version changée pour distribuer des copies dans une version plus à son goût car les goûts ne sont pas égaux. Ceux qui cuisinent peuvent ainsi apprécier la valeur des quatre libertés tout comme ceux qui se servent de logiciels.
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Comment peut on comparer la cuisine avec l’industrie logicielle ? Ce n’est pas la première fois que j’entend cette métaphore, qui semble être l’un des outils préférés de Stallmann pour prouver l’absurdité du développement propriétaire, et promouvoir le logiciel libre.
Son raisonnement est absurde : en premier lieu, et en ce qui concerne la cuisine, l’utilisateur a le choix d’acheter ses légumes et sa viande pour préparer lui même son repas, ou bien acheter un plat tout fait, d’aller au restaurant, ou au MacDo… Bref, il a aussi le choix de payer plus cher un repas tout fait pour lequel il n’aura pas toujours, loin de là, la recette complète. (Je vous invite à demander au serveur du MacDo la composition des sauces, ou même dans un grand restaurant…).
M. Stallmann souhaiterait que tout logiciel soit libre, et gratuit… Certains vous diront que libre n’implique pas la gratuité, mais tel que Stallmann expose les choses, pourquoi pénaliser les utilisateurs qui n’ont pas d’argent pour s’offrir un logiciel ? Le principe est bien que tout le monde puisse utiliser, comprendre, améliorer et redistribuer le logiciel ? La sélection par l’argent n’est donc pas acceptable.
Les éditeurs doivent donc produire du logiciel qu’ils ne peuvent pas vendre, et pour lequel ils doivent rendre public l’objet de leur valeur ajoutée afin que tout le monde puisse en profiter. Mais elle doit aussi payer ses employés, ses impôts, son loyer… Cherchez l’erreur…
Pour en revenir à la cuisine, lorsque vous allez au marché, vous faites fonctionner un système bien rôdé depuis des siècles… Des gens ont récolté des légumes, élevés des bêtes, et proposent le fruit de leur travail à l’heureux consommateur que vous êtes. Vous allez payer le fruit de leur labeur afin qu’ils puissent continuer à travailler, et vous allez rentrer chez vous.
Vous n’allez pas vous rendre au marché, voler tout ce dont vous avez besoin, rentrer chez vous, préparer un bon petit plat (ou pas), pour enfin le dupliquer à l’infini et en distribuer aux restos du cœur. Vous n’êtes pas Harry Potter malheureusement. Tout travail mérite salaire, le reste n’est qu’utopie.
Ce n’est tout simplement pas comme çà que çà marche, la métaphore de la cuisine n’est pas applicable au logiciel libre, et Stallmann devrait réfléchir à des argumentations plus concrètes et viables afin de gagner en crédibilité. Alors peut être un premier ministre trouvera utile de le recevoir et lui demander son avis.